Qu’est-ce que la médecine chinoise ?

Aujourd’hui, je vous propose une présentation de la médecine chinoise.

La médecine chinoise est un système qui s’est développé depuis plusieurs milliers d’années en Chine.
La vision du corps est différente de la médecine occidentale et c’est un système totalement différent. Les théories et méthodes de soins sont spécifiques à ce système.
Pour étudier le fonctionnement et dysfonctionnement de l’être humain différentes théories ont été développées. Comme à l’époque il n’y avait pas de technologie de pointe, la médecine chinoise s’est développée par l’observation du corps et du monde qui l’entoure.
On peut retrouver, parmi ses théories, celles du 陰陽 (yīn​ yáng), des 五行 (wǔ​ xíng/5 mouvements), des 氣血津液 (qì​ xuè jīn​yè/qì​* sang et liquides organiques), 經絡 (jīng​ luò/canaux et liaisons)…

De nos jours, il existe différents courants et différentes écoles de pensées dans la médecine chinoise. Certains se basent plus sur l’étude des livres classiques alors que d’autres utilisent les avancées scientifiques pour développer leurs pratiques.
Malgré les évolutions qu’a subit la médecine chinoise, les moyens d’action n’ont pas beaucoup changé.

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L’acupuncture par reflets et projections

Quand on parle d’acupuncture, on pourrait penser qu’il n’y en a qu’une seule, celle pratiquée en Chine. Cependant il faut comprendre qu’il existe des styles et méthodes d’acupunctures différentes. On peut citer l’acupuncture japonaise, coréenne, orthopédique, musculo-squelettique, abdominale, du 易經-Yì jīng, par le 経絡テスト (Meridian Test), la méthode d’équilibrage du Dr Tan, et bien d’autres.
Même si l’outil reste le même (les aiguilles), les méthodologies et principes de traitement diffèrent de l’une à l’autre. Bien entendu on peut retrouver des similitudes parmi certaines.
Aujourd’hui je vous propose une introduction à l’acupuncture par les reflets et projections.

Principe :
L’acupuncture par reflets et projections est une méthode permettant de traiter une zone du corps avec une autre zone du corps.
Le principe est d’utiliser une autre partie du corps en calquant le corps ou une partie de celui-ci sur la partie choisie (jambe/bras, corps/bras/jambe, tête/corps…). Ici on ne choisit pas un point en fonction de ses indications ou de sa nature.
Pour vous donnez une idée, le fonctionnement est semblable à la réflexologie.

Ex: il est possible de traiter une douleur de poignet en traitant avec une cheville, le poignet opposé, une épaule, etc… tout dépend du choix du praticien.

Reflet de la jambe

Avantages :
L’avantage de la méthode est qu’elle permet de traiter une zone du corps sans passer par un traitement local. Dans quel cas cela peut être utile ? Tous, du moment qu’on peut localiser le problème. Quand la zone douloureuse est inaccessible à cause de bandages, plâtres, perte d’un membre avec douleur fantôme, cette méthode est très pertinente.
Pour des problèmes de type émotionnel ou dans le cas où on ne peut pas cibler un problème, cette méthode ne sera pas la plus efficace.

Bandage

Le deuxième avantage est la rapidité et la facilité d’exécution de la méthode.
Prenons par exemple quelqu’un qui a une douleur de hanche. Avec cette méthode il n’est pas nécessaire de faire déshabiller la personne étant donné qu’il est possible d’utiliser les pieds pour traiter cette zone. Cela est beaucoup plus simple et rapide d’accès.

Règles à respecter :
Cependant, attention de ne pas choisir n’importe quel point sous prétexte qu’il est dans la zone de reflet ! Il existe différentes logiques d’utilisation de cette méthode.
Quelques soient les points choisis, il faut que ces choix soient basés sur un bilan préalable cohérent en fonction du style d’acupuncture pratiqué.
Si le bilan ne permet pas de choisir certains points (même s’ils sont réputés traiter le problème ciblé), il sera plus pertinent d’en utiliser d’autres.

Conclusion :
Pour résumer cette méthode est utile pour les problèmes qui sont localisables par le consultant, alors qu’un problème de type insomnie ou dépression, non localisable par nature, ne réagiront pas à ce type de traitement.
N’oubliez pas que dans toute méthode, le plus important est de faire le bilan. Une fois ce bilan effectué, le praticien choisira un protocole de traitement adapté à la pathologie.
Le choix des points ne peut être décidé qu’à la fin, une fois que tout le reste aura été défini par le praticien.

Le Dr Tan utilisait cette technique dans sa méthode d’équilibre en acupuncture et Philippe Sionneau enseigne également cette méthode dans sa formation d’acupuncture.

A bientôt !
MARCUCCI Gilles

Canal ou méridien en acupuncture ?

En France concernant l’acupuncture, on parle souvent de « méridien ». Cependant le terme « canal » pourrait être plus pertinent que le terme « méridien ».

En médecine chinoise, il y a souvent l’utilisation de mots reliés à l’eau, l’irrigation et le transport. Par exemple, certains points sont appelés points « puits », « rivière », « mer », « source ». On parle également de « gouffre » et « vallée ».
De même, il y a les points 輸穴 (shū xué) qui sont les points transport. Ils ne veulent absolument pas dire « antique » comme on peut l’entendre ou le lire en France. Pourquoi sont-ils appelés « antique » ? Je ne le sais pas vraiment…
Nous avons donc 5 points sur chaque canal qui servent de transport et qui ont chacun des actions spécifiques.

Si on regarde la définition de « méridien » on retrouve dans le dictionnaire Larousse :
– Lieu des points ayant une même longitude à la surface de la Terre.
– En un lieu donné, plan vertical qui contient l’axe du monde. (On dit aussi plan méridien.)
Il n’y a aucunement cette notion hydrique qu’on peut retrouver en médecine chinoise, ni celle de circulation. Or, dans un canal, il y a une circulation qui va d’un bout à l’autre, ainsi qu’entre tous les canaux qui sont connectés.

De plus le caractère 经/經 (jīng) est traduit majoritairement par « channel » en anglais qui correspond à canal en français. Nigel Wiseman et même Maciocia utilisent ce terme en anglais.
Dans ce caractère on retrouve 巠 (jīng) qui signifie « cours d’eau souterrain » ou « eau fluide ». C’est également une variante archaïque de 經 (jīng).
Donc la notion d’eau circulant est bel et bien présente.
En japonais les termes 経絡 (keiraku) ou 経脈 (keimyaku) sont très proches du chinois. Où y on retrouve le caractère 経 qui signifie « passer à travers ».
En chinois ce sont les termes 經絡 (jīng​ luò), 經脈 (jīng mài). On voit que seul le caractère 經 (jīng​) a changé en japonais, devenant 経 (kei). Dans les deux langues il y a la signification de « passer à travers ». Nous avons donc une notion de mouvement.

C’est pour ces différentes raisons que je parlerai (entre autres sur mon site) de « canal » et non pas de « méridien », comme certains de mes collègues qui le font déjà.

PS : il est vrai qu’on retrouve la définition de méridien (que je pense récente) concernant l’acupuncture dans le Larousse qui est celle-ci :
« Trajet préférentiel de circulation d’un souffle, dont la topographie est très précise, bien qu’il ne soit pas encore quantifié. (Répartis sur tout le corps humain, les méridiens assurent la liaison dans la relation entre les viscères creux et pleins et le revêtement cutané, faisant ainsi un tout des différentes parties du corps.) »

Cette définition est restrictive et n’apporte toujours pas cette notion hydrique.