Astuces pour donner des tisanes de plantes à vos enfants

Apprivoisement des plantes par le jeu

Les plantes ont la réputation d’avoir un mauvais goût même pour les adultes. Si les adultes ne les aiment pas, on pourrait se dire que c’est impossible d’essayer avec un enfant. Alors comment faire pour que votre enfant accepte de les avaler ?
En tant que praticien et parent d’un enfant de 3 ans, j’ai décidé de faire ce petit guide pour aider d’autres parents qui pourraient en avoir besoin.

La première question qui se pose est la forme de la prise des plantes. Je vous en propose deux assez fréquentes, les CP (poudres concentrées) que nous appellerons « poupoutes » ou les tisanes de plantes entières. J’ai (malheureusement) eu l’occasion d’expérimenter ces 2 formes de plantes et je vous donne donc ici mon retour d’expérience.

Chez nous, Evan a découvert les plantes entières avec la préparation de bains qu’on lui faisait. Ça lui plaisait et il voulait lui-même mettre les ingrédients dans la cocotte minute pour aider.

Pour les poupoutes, il les mangeait à la cuillère. Mais parfois il ne voulait pas pour diverses raisons (goût qui était différent et qu’il aimait moins, etc.), il n’avait pas envie ce jour là… Voici donc quelques astuces pour vous aider à lui donner envie de prendre ses plantes.

Les Poupoutes !!!

Les « poupoutes » sont les plus faciles à faire prendre parce que le goût est moins marqué (et encore que… :)) que les tisanes, et elles ont l’avantage de pouvoir être mélangées à un autre produit pour masquer les goût. Par exemple les compotes.

Petit bonus pour le petit déjeuner : mon épouse a réussi à lui faire prendre en petit-déjeuner, mélangée avec du riz chaud et de la compote (à température ambiante).

La « poupoute » dans la compote
  • Les compotes :

C’est la première astuce pour faire prendre la poupoute. Il semblerait que cela passe assez facilement en général.
Cependant, il peut arriver, comme avec mon fils, que votre enfant remarque le goût de la poupoute dans la compote. A ce moment-là il peut refuser de continuer à manger la compote et vous allez donc gâcher, non seulement la poupoute mais également la compote (dommage surtout si elle est bio :p).

  • Les boissons :

Le principe est le même qu’avec les compotes. Notre fils a repéré le goût de la poupoute directement et ça n’a pas fonctionné ^^.

  • Le laisser apprivoiser les plantes :

Laisser votre enfant découvrir et jouer avec les plantes quelle que soit la forme. Si vous avez des sachets pour les tisanes, laisser le les regarder, les toucher et jouer un peu avec, bien sûr sous votre surveillance. Le mien a décider de choisir 2 plantes dans un sachet et de jouer avec depuis qu’il a entre 1 et 1,5 ans. Maintenant il sait ce que c’est, à quoi ça sert et il n’en a pas peur.

  • Le laisser jouer avec :

Cette astuce pourrait être une sous-catégorie de la précédente mais l’intention est un peu différente. Il a déjà connaissance de la poupoute et des plantes, et maintenant il va les manipuler pour jouer avec.
Par exemple on lui faisait des dessins dedans, il transvasait d’un récipient à un autre, il mettait en place toute une histoire autour avec ses jouets. Ici il n’y a pas de limites à part les votres. Il faudra peut-être lui rappeler de les manger, parce que c’est quand même le but :).

  • La négociation :

Parfois, vous pourrez faire ce que vous voulez, votre enfant ne voudra pas les manger et il trouvera toujours une raison ! Il faudra alors peut-être négocier, comme vous le souhaitez pour qu’il accepte de les prendre.

  • L’explication :

Expliquer à son enfant pourquoi il est bon pour lui de prendre la poupoute, surtout s’il a un problème visible ou qu’il ressent facilement. Cela peut se combiner avec les autres astuces et il ne faut pas hésiter à le faire rapidement car cela facilite quand même la prise de la poupoute.

Les tisanes

Pour les tisanes c’est plus compliqué. En effet votre enfant ne pourra pas jouer avec comme il le fait avec la poupoute, au risque d’avoir du liquide partout. Heureusement, en général l’enfant sera plus grand et pourra boire les plantes sans avoir à jouer avec, ou alors il le fera différemment.

  • « Déformer la réalité » :

Si votre enfant aime boire quelque chose, il est possible de lui faire croire que c’est la même chose. Gros inconvénient, il faut que ça ressemble visuellement et au niveau du goût. Donc oubliez le jus…
Pour Evan, comme il avait déjà l’expérience du thé et des tisanes en sachet, on lui a dit que c’était du thé. Et il a tout bu en redemandant du « thé ».

  • Le partage :

Il peut être intéressant de goûter la tisane avec lui pour lui montrer que c’est buvable et le mettre en confiance. Maintenant, quand un de nous prend des plantes, cela peut arriver qu’il demande de goûter spontanément.

  • Inventer des histoires :

Comme avec le jeu, laissez son imagination vagabonder pour qu’il intègre la prise des tisanes dans son rythme journalier. Ci-dessous, Evan s’amuse à donner à boire à ses véhicules. Et entre 2-3 véhicules, je lui donnais une gorgée et il continuait comme ça. Inconvénient, il faut prévoir minimum 30 minutes pour qu’il finisse sa tasse en fonction de la quantité.

Tout ce que j’ai décrit dans cet article est ce que j’ai vécu personnellement, en tant que parent pendant 2 ans. Une question reste concernant les prises :
Que se passe-t-il s’il rate une prise dans la journée ? Pour un problème aigu je pense qu’il est important de ne pas rater de prise. Dans un cas chronique, l’erreur est possible. Il nous est arrivé qu’Evan s’endore avant d’avoir pris sa 2ème dose, l’après-midi. Il peut exister diverses raisons qui font qu’un jour, une prise soit manquée.
En cas de doutes, il est préférable de demander à votre praticien, il saura vous répondre.

  • Ajouter un peu de miel dans la tisane :

Si la formule le permet vous pouvez ajouter du miel dans la tisane pour que le goût soit plus agréable. Cependant il faut bien faire confirmer par votre praticien que cela n’aura pas d’inconvénient dans la tisane qu’il vous aura conseillé.
En effet le miel pouvant être un ingrédient à part entière, son ajout peut modifier l’action de la tisane.
Merci à Gaspar pour cette astuce. Bises à toi !

  • Trouver une référence dans un livre, une vidéo ou une histoire :

Si votre enfant a un personnage préféré qui boit une boisson/potion dans une de ces aventures, vous pouvez vous servir de cette référence pour lui faire vivre des aventures extraordinaires !
Merci à Christophe pour cette astuce belge. Bises à toi aussi !


Autres méthodes :

Il est possible de que votre praticien vous propose de prendre la tisane avec une seringue ou une pipette à mettre directement dans la bouche. Ma femme et moi avons essayé la seringue mais nous avons vite arrêté car trop contraignant. Ce fut une mauvaise expérience pour nous.
Il existe aussi les concentrés hydrophiles dont je n’ai aucune expérience et il est aussi possible pour les enfants qui allaitent de faire boire les plantes à la maman.

Est-ce possible de faire boire des plantes à un enfant ?
Oui, il faudra surement un peu d’effort et de créativité mais cela est possible. Et je pense que plus tôt il y sera habitué, plus facile ce sera de lui faire prendre.
Il est vrai qu’il existe des méthodes spécifiques pour les enfants comme le Xiao Er Tuina (小兒推拿) et le Shonishin (小児針), cependant dans certains cas l’utilisation des plantes est nécessaire.
Une chose importante est de mettre l’enfant en confiance et de ne pas le bloquer face aux plantes.

N’oubliez pas également que les plantes sont adaptées à un enfant et ne le seront pas pour ses frères et sœurs. Donc si vous avez plusieurs enfants, ne donnez pas la poupoute ou la tisane à ceux de la fratrie.

Bien entendu, il existe d’autres astuces que celles énumérées. Je vous ai donné celles que j’ai utilisées et qui ont fonctionnées, ainsi que quelques unes des amis confrères. J’espère ainsi avoir dédiabolisé l’utilisation des plantes avec les enfants sachant que le mien a commencé vers 5-6 mois, avant de commencer d’en prendre régulièrement vers l’âge de 15 mois.

Gilles

Des formations de qualité

Bonjour à tous,

Aujourd’hui je souhaiterais parler de formation de médecine chinoise. Cet article s’adresse donc plus aux étudiants et professionnels de médecine chinoise.
Il existe une multitude de formations en France cependant je parlerai de quatre formations que j’ai faite et qui m’ont apporté beaucoup de chose dans mon travail.
Suite à ma formation de base, j’ai souhaité combler certaines lacunes et améliorer mes connaissances.
Ces formations sont celles que j’ai étudiées lors des deux dernières années, de 2014 à 2016.
Bonne lecture.

  • Zheng Gu Tui Na
  • La première formation que j’ai trouvée est celle de « Zheng Gu Tui Na » (maintenant scindée en 2 entités différentes) avec Tom Bisio. Cette formation était mise en place au Beausset grâce à l’association San Qi de Pascal et Anna.
    Cette formation, essentiellement basée sur la pratique, m’a permis d’avoir un outil efficace pour le traitement de douleur au niveau musculaire, tendineux, articulaire. Je l’utilise souvent couplé avec les techniques d’acupuncture que j’ai appris dans la 2ème formation (dont je parlerai juste après) avec de bons résultats sur les douleurs en général.
    Cependant la formation a maintenant changé. Avant elle était basée sur 8 niveaux. Pour faire simple, il y avait 4 niveaux pour le tuī​ná (推拿) et 4 niveaux pour les techniques de zhèng​ gǔ (正骨). Chaque niveau permettait d’apprendre de nouvelles techniques de mains, des protocoles de soins en fonction des zones étudiées ainsi que du qì ​gōng (氣功).
    Maintenant la formation enseigne le tuī​ná (推拿) et le zhèng​ gǔ (正骨) ensemble, au lieu de les séparer.
    Pour plus d’informations vous pouvez consulter le site de San Qi

  • Formation Supérieure en Acupuncture (FSA)
  • La deuxième est une formation de Philippe Sionneau. Elle se fait sur deux ans et m’a apporté beaucoup de chose pratique également.
    Premièrement, une aisance dans la puncture même.
    Deuxièmement, une logique de « diagnostic » qui permet de savoir rapidement ce qui ne va pas dans la plupart des cas (en moins de 30 minutes). Cela rend le travail plus amusant et rapide. Mes séances font maintenant rarement plus d’une heure, bilan inclus.
    Pour le traitements de la douleur, les résultats sont plus rapides (souvent des résultats dès la 1ère séance). C’est ici que je couple souvent le tuī​ná (推拿) et l’acupuncture.
    Troisièmement, du plaisir. Je n’ai plus de crainte quand quelqu’un vient me voir, les séances deviennent même enrichissantes. A la fin de la deuxième année de cette formation, tout est très clair, si l’étudiant fourni un travail continu chaque mois.
    Attention pour les étudiants actuels : cette formation n’est pas basée sur la différenciation des syndromes selon les zàng fǔ (臟腑辨證) mais sur les syndromes des canaux (經證) !
    Cette formation peut perturber certaines habitudes et il faut clairement faire la part des choses entre les enseignements des écoles de médecines chinoises et ceux de cette formation.
    Pour plus d’infos c’est ici : Formation Supérieure en Acupuncture.

  • Zang Fu Tui Na
  • La troisième formation que j’ai suivi est celle du Zang Fu Tui Na, toujours avec Tom Bisio et Pascal Jauffret, au Beausset. Une formation très intéressante mais plus subtile dans les sensations et le ressenti. Ici on pose les mains sur les organes et les différentes structures du thorax et du ventre pour permettre un meilleur fonctionnement interne. On test également les relations entre les zàng fǔ (臟腑) comme par exemple le Poumon et les Reins, le Cœur et les Reins, le Foie et et la Rate et on rééquilibre si nécessaire.
    Encore une fois avec Tom Bisio et Pascal, il y a essentiellement de la pratique et très peu de théorie (suffisamment pour comprendre ce que l’on doit faire).

  • Maitrisez la pharmacopée chinoise
  • Ici on est dans le domaine, comme son nom l’indique, de la pharmacopée chinoise. Cependant nous sommes dans l’apprentissage des petites formules, les 小方 (xiǎo fāng). Les 小方 (xiǎo fāng) sont des formules composées la plupart du temps de 2 à 4 plantes. Les plantes qui composent les formules sont les plus connues et les plus puissantes de la pharmacopée.
    Dans cette formation, le premier cours est basé sur l’apprentissage de la prescription d’une formule. Comment choisir les bonnes posologies, les bonnes préparations (炮制/páo zhì) de chaque plante, choisir les bonnes « cuissons »…
    Très intéressante pour un novice de la pharmacopée car elle permet de se familiariser rapidement avec les plantes et les formules. Chaque cours possède un thème spécifique : vent (風), chaleur (熱), humidité-chaleur (濕熱), troubles digestifs, etc.
    Encore une fois, la pédagogie fait son effet et c’est une formation très « pratique » où il y a des informations pour travailler tout de suite.
    Pour plus d’infos c’est ici : Maitrisez la pharmacopée chinoise
    Attention, cette formation risque de ne pas être reconduite les prochaines années.

    Voilà concernant ces 4 formations. Bien entendu cela n’est qu’un avis personnel et chacun a une approche différente par rapport aux soins. Pour ceux qui souhaitent travailler avec les outils de la médecine chinoise, ces formations sont très bien pour se perfectionner et/ou découvrir de nouvelles choses.

    Bonne journée