Qu’est-ce que la médecine chinoise ?

Aujourd’hui, je vous propose une présentation de la médecine chinoise.

La médecine chinoise est un système qui s’est développé depuis plusieurs milliers d’années en Chine.
La vision du corps est différente de la médecine occidentale et c’est un système totalement différent. Les théories et méthodes de soins sont spécifiques à ce système.
Pour étudier le fonctionnement et dysfonctionnement de l’être humain différentes théories ont été développées. Comme à l’époque il n’y avait pas de technologie de pointe, la médecine chinoise s’est développée par l’observation du corps et du monde qui l’entoure.
On peut retrouver, parmi ses théories, celles du 陰陽 (yīn​ yáng), des 五行 (wǔ​ xíng/5 mouvements), des 氣血津液 (qì​ xuè jīn​yè/qì​* sang et liquides organiques), 經絡 (jīng​ luò/canaux et liaisons)…

De nos jours, il existe différents courants et différentes écoles de pensées dans la médecine chinoise. Certains se basent plus sur l’étude des livres classiques alors que d’autres utilisent les avancées scientifiques pour développer leurs pratiques.
Malgré les évolutions qu’a subit la médecine chinoise, les moyens d’action n’ont pas beaucoup changé.

Les outils principaux de la médecine chinoise:

Parmi les outils, on retrouve les 4 grands piliers qui sont :
針灸 (zhēn​ jiǔ): l’acupuncture et la moxibustion.
正骨推拿 (zhèng​ gǔ tuī​ná).
中草藥 (zhōng​ cǎo ​yào): les plantes de médecine chinoise.
食療 (shí ​liáo): l’alimentation.
Il existe d’autres méthodes comme le 刮痧 (guā​ shā) ou les ventouses par exemple.

Chaque outil a ses spécificités :
L’acupuncture et la moxibustion (針灸) ont pour rôle principal de travailler sur les canaux (經絡) pour permettre une meilleure circulation dans ceux-ci et ainsi permettre au corps d’être en meilleur santé. La moxibustion à l’avantage d’ajouter de la chaleur si nécessaire.
Le 正骨 (zhèng​ gǔ), qu’on pourrait traduire par « corriger les os », est un ensemble de manipulations ostéo-articulaire et 推拿 (tuī​ná) veut dire « pousser et saisir » et ce sont des techniques corporelles qui servent à travailler sur les muscles et les tissus du corps. Cependant, ce ne sont pas seulement des techniques « physiques » car on agit également sur les canaux.
Les plantes (草藥) sont utilisées sous différentes formes pour renforcer le corps et l’aider à combattre un pathogène (邪氣/xié​ qì) qu’il soit externe ou interne. Pour cela, c’est la combinaison de plusieurs plantes qui va être utilisée. En effet chaque plante possède plusieurs saveurs et caractéristiques telles que « amer », « douce », « tiède », « froide »…
L’alimentation fonctionne sur le même principe que les plantes à savoir que chaque aliment possède une saveur et des caractéristiques spécifiques qui vont avoir une action sur le corps. Par exemple, un déséquilibre au niveau des saveurs, à long terme, peut affaiblir le corps. Il est également souhaitable de modifier l’alimentation selon les saisons.

Mais avant d’utiliser ces outils, le praticien doit faire un bilan qui n’est aucunement basé sur des examens médicaux.

Le bilan selon la médecine chinoise:

Le praticien ne fait aucun diagnostic, acte qui est réservé aux médecins. Il fait un bilan selon des méthodes qui font parti de la médecine chinoise.

Le bilan s’appuie sur 4 principes:
L’interrogation: différentes questions seront posées pour déterminer les signes physiques, émotionnels, subjectifs et/ou objectifs qui déterminent le déséquilibre de la personne.
L’observation: le teint du visage, l’apparence des diverses parties du corps (ongles, yeux, démarche, posture…), la langue.
L’olfaction et l’audition: déterminer les sons et odeurs qui ne sont pas physiologiques (respiration bruyante, bruits digestifs…)
La palpation: la palpation des canaux, des points, des pouls permet d’avoir plus d’informations sur les différents déséquilibres du corps.

Utilité de la médecine chinoise:

La médecine chinoise ne traite pas de maladie et un nom de maladie n’est d’aucune utilité (ou très peu utile) pour le praticien. Au lieu de cela, il prendra en compte l’ensemble des signes, qu’ils soient anodins ou importants, pour déterminer l’état des qì (氣) qui permettent au corps de fonctionner correctement.
Une fois le bilan effectué, l’action des soins sera déterminée en fonction des outils utilisés (voir les outils principaux, plus haut).

Pour illustrer le fonctionnement, voici un exemple simple :
Imaginons qu’une personne ait mal au dos.

L’exemple est simplifié au maximum pour permettre de comprendre le fonctionnement des différents outils. Il est rare en effet qu’une personne ait uniquement des douleurs de dos, mais cela pourrait fonctionner pour n’importe quel cas.

– Avec l’acupuncture il est possible de travailler sur le canal qui passe dans la zone de la douleur. Une douleur est une mauvaise circulation du qì (氣)​, il faudra donc améliorer la circulation dans ce canal pour diminuer voir arrêter la douleur.
Il existe une phrase que voici : 不通則痛 (bù tōng zé tòng) « ça ne circule pas, alors il y a douleur ».
– Avec les plantes, on pourrait travailler dans ce cas sur la couche externe du corps car selon certaines théories spécifiques à l’utilisation des plantes chinoises, les douleurs sont le résultat d’un pathogène (邪氣/xié​ qì) situé à la surface. Selon les styles/écoles il serait aussi possible d’avoir une action encore différente pour améliorer la situation.
– Avec le tuī​ná, on observera les tensions physiques mais également les canaux (comme en acupuncture) pour les débloquer, ce qui permettra au qì​ (氣) de circuler correctement dans le corps.

On peut voir donc qu’avec seulement une douleur de dos, on peut avoir, au moins 3 axes de travail différents en fonction des outils. Il n’existe pas 1 soin pour 1 problème en médecine chinoise.
Ces exemples de soins ne sont pas les seuls possibles et il existe beaucoup d’autres possibilités. Chaque praticien aura une approche spécifique en fonction de ses études et de son expérience.

Finalement, on peut voir que la médecine chinoise ne fait que remettre en ordre la circulation des qì​ (氣) de différentes façons pour permettre au corps de mieux fonctionner et de pouvoir supporter les différentes attaques qu’il subit.

* Le qì​ (氣) est souvent traduit par « énergie » en français, cependant c’est assez flou comme traduction. Voici une petite explication de ce qu’est le qì​ :
Le qì​ est la substance de base qui permet tous les mouvements et toutes les transformations de tous les phénomènes de l’univers. C’est un constituant fondamental du corps humain. Les mouvements et les transformations du qì​ expliquent toutes les activités physiologiques. Dans le corps, le qì​ apparait sous différentes formes, il existe donc plusieurs qì​.
Les fonctions du qì​  sont d’activer les fonctions du corps, de réchauffer ce dernier et de le défendre, de transformer les substances, et de contenir tout ce qui ne doit pas sortir anormalement du corps.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *